Lors de l’assemblée générale de la section de l’AMOPA de Maine-et-Loire, Corinne Renault a présenté une communication portant sur les actions d’orientation en faveur des filles avec le prix « Osez les Sciences… les filles ! » et la matinée « Femmes en sciences » en lien avec la Fondation de l’université d’Angers. Elle est intitulée « Deux actions phares pour davantage de mixité dans les sciences ».
« PRIX « OSEZ LES SCIENCES… LES FILLES ! »

Depuis 2021, l’AMOPA de Maine-et-Loire est partenaire officielle en Maine-et Loire de la Journée « Elles bougent pour l’orientation » et est à l’initiative du prix départemental « Osez les sciences…les filles ! » visible sur notre site https://amopa49.fr/
L’association nationale « Elles bougent pour l’orientation » mobilise chaque premier jeudi du mois de décembre, des milliers de marraines et étudiantes ingénieures engagées partout en France, dans les Outre-mer et à l’international. Elles interviennent directement au sein des collèges et lycées inscrits pour aller à la rencontre des filles et échanger avec elles sur la préparation de leur avenir professionnel.
Sensibiliser, informer et susciter des vocations.
À travers ces interventions, l’objectif est multiple :
- Sensibiliser aux carrières scientifiques, techniques et technologiques ;
- Informer sur la diversité des parcours de formation et des métiers menant aux emplois d’ingénieur ;
- Transmettre confiance, ambition et perspectives, en donnant des exemples concrets et accessibles de parcours féminins.
Les échanges, très interactifs, permettent aux lycéennes de poser leurs questions, de dépasser certaines idées reçues et de se projeter dans des métiers qu’elles n’avaient parfois jamais envisagés.
Cette 5ᵉ édition a été marquée par une mobilisation exceptionnelle, traduite par une augmentation de 30% du nombre de filles sensibilisées par rapport à l’an dernier. Dans notre académie de Nantes, l’impact concret sur le terrain s’est manifesté par la mobilisation de quarante-deux établissements du secondaire.
Cette forte mobilisation a été boostée par le plan ministériel « Filles et maths », lancé à la rentrée 2025 par la ministre de l’Éducation Nationale pour que les jeunes filles prennent toute leur place dans les métiers de l’ingénieur et du numérique.
Ce plan s’inscrit dans une stratégie nationale visant à réduire les inégalités de genre dans les parcours scientifiques, numériques et dans tous les milieux.
Il constitue la mesure phare d’un ensemble de politiques coordonnées autour de trois priorités : informer, inspirer, déconstruire les stéréotypes.
Informer, inspirer, déconstruire les stéréotypes.
En fait, les femmes restent sous-représentées dans les filières et les carrières scientifiques et numériques. Ces inégalités trouvent leur source dans la scolarité. Dès les premiers mois du cours préparatoire, des écarts de réussite apparaissent en mathématiques au détriment des filles.
Les filles sont plus sujettes à l’anxiété lorsqu’un test est stressant. Leur anxiété de petites filles en mathématiques leur fait perdre leurs moyens par rapport aux garçons. Les filles souffrent d’un manque de confiance en leurs capacités, et ont aussi une perception d’elles-mêmes plus négative, particulièrement en mathématiques. Cette anxiété, expliquée par une plus forte pression et de plus grandes attentes personnelles, provoque une perte de moyens qui se traduit dans leurs performances.
Pour faire face aux inégalités persistantes entre filles et garçons vis-à-vis de l’éducation, il est essentiel que tous les acteurs se mobilisent : l’action publique dans la mise en œuvre de l’égalité filles-garçons, l’école dans la reconnaissance et la correction de tout préjugé à l’égard des filles et des garçons, et enfin l’environnement familial en veillant à exprimer des attentes indifférenciées à l’égard de leurs enfants, voire petits-enfants.
Tout au long du parcours, à compétences égales, les choix d’orientation des filles diffèrent de ceux des garçons.
La réforme du lycée de 2019.
En fait, la réforme du lycée datant de 2019 a rayé, en une seule année, 20 ans de progrès réalisés avant elle en matière de féminisation des sciences et des mathématiques, obligeant les lycéennes de seconde Générale et Technologique à choisir trois spécialités en première générale, puis à n’en garder que deux en terminale générale. La réforme a aussi plus généralement provoqué la chute de la pratique des mathématiques au lycée pour la voie générale.

Pour les non-spécialistes en mathématiques dans le socle commun, les mathématiques n’occupent qu’une heure trente par semaine en première et sont complètement absentes en terminale. Cette matière ayant été reléguée parmi les spécialités.
La réforme a eu un effet sur tous les élèves mais la baisse a été plus conséquente pour les filles. En effet, la part de filles en filière scientifique – ou équivalent en choix de spécialités depuis la réforme – a chuté de 27 points entre 2019 et 2022, passant de 44 à 17 %. Les filles, qui se tournent vers des études où d’autres sciences sont indispensables – comme la médecine ou les sciences du vivant – doivent donc en abandonner une : les mathématiques.
Les filières au choix ont contraint les filles à abandonner les mathématiques dans lesquelles elles ne se projettent pas, phénomène amplifié par une invisibilité des femmes scientifiques, y compris dans les manuels scientifiques.
Le constat du rapport des filles avec les mathématiques à l’école.
- 42 % des filles seulement suivent l’enseignement de spécialité mathématiques en terminale générale.
- Elles ne représentent que 25 % des étudiants qui intègrent des formations d’ingénieurs et du numérique. Cette proportion stagne depuis plus de vingt ans. Ces choix sont pénalisants pour les filles qui s’orientent vers des métiers moins rémunérateurs. Chaque année, il manque en France plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens.
- Les stéréotypes de genre se maintiennent, voire s’accentuent. Cela génère un manque de confiance et de projection de la part des jeunes filles dans les métiers d’ingénieurs et du numérique. Il est à souligner, qu’en France, la proportion de femmes utilisant l’Intelligence Artificielle (I.A.) est inférieure de 25% à celle des hommes. L’absence de contributions féminines pourrait conduire à la création de systèmes d’I.A. qui renforcent les stéréotypes de genre et ignorent les inégalités auxquelles les femmes sont confrontées dans de nombreux domaines. Lorsque l’I.A. apprend d’un monde façonné par les inégalités, elle risque d’encoder ces inégalités dans l’avenir et devenir une I.A. genrée.
Ressources EDUSCOL.
Le plan « Filles et maths » vise 30% de filles à l’entrée en Classe Préparatoire aux Grandes Écoles (CPGE) scientifique d’ici 2030.
Alors faut-il instaurer des quotas ?
Une politique de quota montre ici ses limites. Ce n’est pas parce qu’on va mettre des quotas que les filles auront envie de venir. Car ce n’est pas un problème de vivier mais un problème de flux. Le quota aurait un sens si l’admission des filles dans les classes préparatoires scientifiques était entravée. Mais la situation n’est pas adaptée à ce type de mesure et leur compétence ressentie éventuellement remise en cause.
IL est donc impératif de développer les dispositifs de rôles modèles pour que les élèves puissent s’identifier à des parcours de femmes en sciences, afin que les jeunes filles se projettent suffisamment dans les métiers scientifiques et techniques parce qu’elles ne les connaissent pas et en ont une image stéréotypée.
En Maine-et-Loire, « Elles bougent pour l’orientation ».

En Maine-et-Loire, lors de cette 5ème édition nationale, s’étaient inscrits à cette journée « Elles bougent pour l’orientation » huit établissements pour sensibiliser des centaines de jeunes filles à poursuivre, comme les garçons, des filières d’avenir scientifiques, en particulier en mathématiques et en informatique, et à saisir cette opportunité fantastique de carrières scientifiques :
- À Angers : le lycée Chevrollier, le lycée Joachim du Bellay, le lycée professionnel Wresinski, le collège Chevreul ;
- À Beaupréau-en-Mauges, le lycée Dom Sortais ;
- À Brissac-Loire-Aubance, le collège de l’Aubance ;
- À Montreuil-Juigné, le collège Jean Zay ;
- À Ombrée d’Anjou, le collège Philippe Cousteau.
La section de Maine-et-Loire de l’AMOPA de Maine-et-Loire était fière de décerner son prix départemental « Osez les sciences…les Filles ! » et un bon d’achat à chacune des sept marraines étudiantes ingénieures.
Ce prix départemental met à l’honneur plus particulièrement toutes les marraines-étudiantes ingénieures qui se mobilisent en Maine-et-Loire lors de cette journée nationale et qui occupent des « rôles de modèles précieux » que l’AMOPA félicite au travers de ce prix. Les femmes scientifiques ont un rôle prépondérant à jouer pour éveiller la curiosité des plus jeunes. Il faut faire connaître aux jeunes filles les parcours de femmes scientifiques : ce sont des rôles modèles. Elles font passer le message car les lycéens et lycéennes n’ont pas conscience de cette sous-représentation.
Un immense merci :
- Aux marraines et aux sept marraines étudiantes ingénieures primées qui donnent de leur temps pour partager leur expérience et inspirer les jeunes générations : https://amopa49.fr/2026/01/11/les-palmes-academiques-de-maine-et-loire-sengagent-pour-lorientation-des-filles/
- Aux entreprises partenaires, aux établissements de l’enseignement supérieur et secondaires qui accueillent et soutiennent ces interventions ;
- Aux membres du bureau de notre association AMOPA49, mobilisés sur l’ensemble du département pour coordonner et faire vivre cette action et qui en retour offrent une visibilité de notre association sur les réseaux sociaux, en particulier sur LinkedIn ;
- Au CNRS avec Isabelle Vauglin, Anne Haguenauer, Vincent Moncorge, Clémence Perronnet pour leur revue preuve en 48 portraits de femmes « Les filles sont parfaites pour les sciences ! »
C’est grâce à cet engagement collectif que notre association des Palmes Académiques continue d’avoir un impact concret, durable et essentiel dans nos collèges et lycées de Maine-et-Loire.
MATINÉE « FEMMES EN SCIENCES » AVEC LA FONDATION DE L’UNIVERSITE D’ANGERS.

La Fondation de l’Université d’Angers accorde depuis 2025 une priorité autour du thème des « Femmes en Sciences ». Elle vise à accompagner la présence des femmes dans les filières d’études et les carrières scientifiques. L’attractivité des formations en sciences et techniques envers les lycéennes est ainsi un des axes de travail.
En parallèle, comme évoqué précédemment dans notre première action phare, notre section de Maine-et-Loire est fortement engagée pour la place des femmes dans les carrières scientifiques et techniques. L’AMOPA de Maine-et-Loire mène de nombreuses actions pour valoriser ces carrières auprès des jeunes filles et y promouvoir les femmes.
Dans ce cadre, l’AMOPA de Maine-et-Loire s’est associée à la Fondation de l’Université d’Angers pour proposer aux lycéennes de secondes Générale et Technologique du bassin d’Angers une matinée de découverte et d’ateliers en mathématiques, informatique, physique-chimie et culture numérique.
Cette 1ère édition de continuum entre la Fondation et l’AMOPA s’est déroulée toute la matinée du lundi 24 février 2025 de 9h à 12h, à la Faculté des Sciences, site de Belle-Beille.
Les différents ateliers étaient encadrés par des étudiantes en master ou en thèse de chaque discipline.
Huit lycées différents de Maine-et-Loire se sont mobilisés juste avant les vacances de février pour recenser les volontaires. Et beau succès… une centaine de jeunes filles volontaires de 2nde Générale et Technologique ont répondu positivement à l’invitation conjointe de la Fondation de l’Université et de l’AMOPA de Maine-et-Loire.
Un immense merci :
- Aux étudiantes en master et lycéennes de 2nde GT toutes volontaires pour cette belle matinée parfaitement organisée, riche de belles rencontres au service des sciences fondamentales ;
- À Françoise Grolleau, Présidente de l’Université d’Angers ;
- À Laurent Chaudet, représentant la Directrice académique et les Inspecteurs d’académie – Inspecteurs pédagogiques régionaux (IA-IPR) de mathématiques de l’académie de Nantes ;
- À Clémence Guillemont, Déléguée de la Fondation, et à Etienne MAN inspirateurs de cette matinée ;
- Aux membres du bureau et du comité consultatif de notre association Marc BOURCERIE, Henri-Marc PAPAVOINE, Corinne RENAULT et Jean SOUMAGNE.
Un article est paru sur notre site mais également sur le réseau LinkedIn et sur le site de l’Université d’Angers et dans leur newsletter : https://www.univ-angers.fr/fr/formations/actualites/actualites-2025/des-lyceennes-a-la-decouverte-de-la-faculte-des-sciences.html
La 2ème édition devait se dérouler pendant une matinée au premier semestre de l’année 2026 – 2027, à la Faculté des Sciences à destination des lycéens et lycéennes volontaires de Seconde Générale et Technologique du bassin d’Angers. Une matinée de découverte et d’ateliers en mathématiques, informatique, physique-chimie et culture numérique à la suite d’une invitation conjointe de la Fondation de l’Université et de l’AMOPA de Maine-et-Loire.

Nous envisageons désormais de modifier l’objet de cette matinée de « Femmes en sciences ». Nous souhaiterions passer à une matinée « Pour la parité en sciences », nous permettant d’accueillir des filles et des garçons, et ce pour plusieurs raisons :
- il y a de plus en plus de journées / matinées / activités dédiées exclusivement aux jeunes filles ;
- les garçons n’ont pas l’occasion de se rendre sur ce type de journée à l’université d’Angers ;
- nous souhaitons atteindre avant tout la parité en sciences, et nous croyons que pour y parvenir les garçons doivent être tout autant sensibilisés aux questions de la place des femmes dans ces filières.
Ce type d’événement envoie un message bien plus positif aux jeunes garçons : ils ne sont pas privés d’une activité et ils se retrouvent impliqués dans une question qui finalement les concerne.
L’objectif de la matinée serait donc à plusieurs niveaux :
- une introduction avec un mot sur les biais de genre ;
- le matin, des ateliers comme lors de la 1ère édition, exclusivement paritaires (une fille inscrite = un garçon inscrit) ;
- une conclusion / retour sur expérience.
C’est grâce à cet engagement collectif que notre section des Palmes Académiques de Maine-et-Loire continue d’œuvrer pour tisser des liens solides avec l’Université d’Angers.
Article rédigé par Corinne Renault.
Corinne Renault est professeur de mathématiques au lycée Joachim Du Bellay. Elle est officier des Palmes académiques et secrétaire du bureau de la section de Maine-et-Loire.
Corinne Renault organise la journée « Elles bougent pour l’orientation » en Maine-et-Loire, le Prix « Osez les Sciences… les Filles ! » et la Matinée « Femmes en sciences » avec la Fondation de l’Université d’Angers, au titre des Palmes académiques de Maine-et-Loire.
Site Internet : https://amopa49.fr/
Contacter : contact@amopa49.fr
Webmestre : Henri-Marc Papavoine