Patrimoines de Maine-et-Loire : « Les ardoisières » par Marie Houdiard, AMOPA de Maine-et-Loire. Œuvre de Jean-Pierre Bocquel.

L’AMOPA de Maine-et-Loire vous présente « Patrimoines de Maine-et-Loire » au travers de plusieurs articles concernant les ardoisières du département. Cette rubrique s’ouvre par une introduction de Marie Houdiard.

Introduction

Depuis plus d’un millénaire, les ardoises sont une composante essentielle du patrimoine angevin.

La légende attribue la découverte des qualités des schistes ardoisiers comme matériau de construction et de couverture à Licinius, 540 – 610, évêque d’Angers à compter de 592. Après sa canonisation, sous le nom de Lézin, il est devenu le saint patron des ardoisiers.

Dès le onzième siècle, l’exploitation des schistes ardoisiers se développe aux portes d’Angers, dans des carrières à ciel ouvert. Elle reste embryonnaire jusqu’au quinzième siècle. A Trélazé, l’exploitation débute en 1406.

Les schistes ardoisiers ont été initialement utilisés comme matériau de construction. Ils ont ainsi servi à construire les fortifications du château d’Angers, édifié sous le règne de Saint Louis entre 1228 et 1238. Leur utilisation pour l’édification des toitures, sous le nom d’ardoise, s’est développée aux quinzième et seizième siècles ainsi qu’en témoigne le très célèbre vers du poète Joachim Du Bellay.

[….] Plus que le marbre dur me plait l’ardoise fine […]. Les Regrets, janvier 1558

L’ardoise de Maine-et-Loire, souvent nommée « ardoise de Trélazé », est alors le matériau de couverture de référence pour l’ensemble des demeures royales et seigneuriales tels les châteaux de la Loire ou le château de Versailles.

Au cours du dix-neuvième siècle, l’évolution des techniques et la mécanisation permettent le développement de l’extraction minière. Ce mode d’exploitation, exclusivement souterrain, permet d’augmenter très significativement la productivité. En 1899, les dernières carrières à ciel ouvert cessent leurs activités.

L’extraction des schistes ardoisiers à Trélazé, dernier site d’exploitation en activité en Maine-et-Loire, a totalement cessé le 29 mars 2014. L’ancien site d’exploitation a été classé en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique, ou « ZNIEFF ».

Le dossier des ardoisières

Le dossier relatif aux ardoisières de Maine-et-Loire comportera, outre la présente introduction, des volets relatifs à l’origine des schistes ardoisiers, aux techniques d’exploitation, à la sociologie des mineurs et à leur place dans la culture locale, à l’approche humaine au travers des luttes sociales, de Ludovic Ménard et de l’immigration bretonne, au devenir des anciens sites d’exploitation.

Il mobilisera les compétences de plusieurs contributeurs.

« A Trélazé », œuvre du peintre Jean-Pierre Bocquel

Cette très belle œuvre de Jean-Pierre Bocquel a été choisie pour illustrer le début de ce dossier consacré aux ardoisières.

« A Trélazé », œuvre du peintre Jean-Pierre Bocquel Cette très belle œuvre de Jean-Pierre Bocquel a été choisie pour illustrer le début de ce dossier consacré aux ardoisières. Pour marquer ses cinquante ans de création en Anjou et pour affirmer son très fort attachement à Trélazé, l'artiste peintre Jean-Pierre Bocquel a célébré les richesses patrimoniales liées à l'exploitation des schistes ardoisiers dans un ensemble de toiles qui furent exposées en 2008 à l'hôtel de la ville de Trélazé.
Œuvre de Jean-Pierre Bocquel artiste peintre

Pour affirmer son très fort attachement à Trélazé et pour marquer ses cinquante ans de création en Anjou, l’artiste peintre Jean-Pierre Bocquel a célébré les richesses patrimoniales liées à l’exploitation des schistes ardoisiers dans un ensemble de toiles qui furent exposées en 2008 à l’hôtel de ville et en 2019 à l’espace d’art contemporain – anciennes écuries des ardoisières de Trélazé.

Professeur d’arts plastiques à Angers, Jean-Pierre Bocquel est un peintre qui développe une figuration sobre et stylisée. « Des sillages de couleurs translucides traversent le champ de la toile et inscrivent en obliques lumineuses le temps, l’éphémère émotion ».

Jean-Pierre Bocquel est le fondateur du Salon de la Jeune Peinture d’Angers et préside depuis 1981 le Salon de Printemps. Il reçoit de nombreux prix et participe à de multiples expositions. Ses toiles figurent dans de nombreuses collections en France et à l’étranger.

Jean-Pierre Bocquel est officier des Palmes académiques et membre de l’AMOPA de Maine-et-Loire.

Lien : https://www.bocquel-peintre.com/biographie-bocquel.php

Article de Marie Houdiard

Marie HOUDIARD est Inspectrice d’académie – Inspectrice pédagogique régionale honoraire, agrégée de Sciences naturelles. Elle est secrétaire de l’AMOPA de Maine-et-Loire.